la C.S.C.C.F Achat, vente de chevaux et poneys - Chambre Syndicale du Commerce des Chevaux de France

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Interview Grand Prix Magazine

Interview du Président de la CSCCF dans le Grand Prix Magazine

« Il faudrait que les marchands disposent d’un statut professionnel », Éric Giraud

 

Président de la Chambre syndicale du commerce de chevaux de France, Éric Giraud porte un regard aiguisé sur les forces et les faiblesses du commerce français….

 

Comment se porte le commerce de chevaux en France aujourd’hui ?

Il est dans une situation difficile liée au contexte économique. La crise retentit effectivement sur les activités de loisir, or il faut savoir que la grande majorité des acheteurs de chevaux sont des amateurs. Quand les gens rognent dans leur budget loisir, le cheval en fait partie. On observe une baisse de fréquentation dans les clubs   en même temps qu’une baisse des ventes. La hausse de la TVA à 20% sur les chevaux a été fatale au commerce. Pour un portefeuille d’amateur, c’est une catastrophe. De plus, cela augmente les transactions occultes, rendant le consommateur extrêmement vulnérable.

 

Outre l’aspect économique, quelle analyse faire de la filière française ?

Aujourd’hui il est urgent d’améliorer le fonctionnement de la filière. Les éleveurs ont diminué très sensiblement le nombre de naissances. Ils confient donc moins de chevaux au travail et les cavaliers, comme les marchands, souffrent. À part dans l’excellence, le cours moyen des chevaux a baissé de façon très significative. De son côté, le client a un niveau d’exigence supérieure à autrefois et nos jeunes chevaux ne sont pas tous prêts. Et parallèlement, il existe une offre très soutenue des étrangers. Aujourd’hui, quand un cheval français est exporté, il y en a trois ou quatre importé des pays tiers et autres. Les chiffres exacts sont d’ailleurs très difficiles à obtenir. Beaucoup ne s’embêtent pas à faire un certificat intracommunautaire, et de surcroit, le service d’enregistrement (SIRE) ne demande pas la provenance d’un cheval quand il l’inscrit. Nous n’avons donc aucune référence.

 

Quelles sont les forces et les faiblesses du commerce équin en France ?

La qualité du cheval français a augmenté ces vingt-cinq dernières années. Nous disposons d’un niveau moyen de chevaux extrêmement intéressant et très compétitifs sur le plan international. Par contre, il a le défaut de coûter un peu plus cher en production, car notre système d’élevage est formé de toutes petites unités avec une à deux poulinières par structures, hormis quelques gros élevages. Pendant longtemps les gens ont vécu sur un acquis, en vendant facilement sur la réputation du cheval français. Puis nos concurrents sont montés en puissance sur le marché international. Au lieu de vendre des chevaux, ils ont vendu un concept : des chevaux, des coachs, des entraîneurs, des équipementiers… Leur notion de filière est extrêmement forte. Ils sont capables de  répondre à toutes les demandes et surtout de créer un lien durable et constant avec le client. En France, c’est atomisé : éleveurs et marchands travaillent dans leurs petits coins… Mais depuis presque un an, nous travaillons en équipe avec les associations de races, la SHF, l’IFCE et certains conseils de chevaux investis. On observe un vrai rapprochement des éleveurs soucieux de commercialiser leurs produits auprès des marchands. Ces derniers font leur travail, et les associations ou les conseils des chevaux viennent en facilitateurs. Chacun est à son poste. On commence à présenter une filière plus unie, structurée et efficace, avec des capacités d’accueil et de suivi indispensables pour vendre des volumes de chevaux. Cela est valable pour l’international. Mais c’est aussi ce qui peut permettre à l’élevage d’avoir des rentrées économiques suffisantes pour tenir.

 

La France ne manque-t-elle pas de grands marchands emblématiques ?

Le dernier marchand emblématique s’appelait Alfred Lefevre. Il reste quelques grands marchands tel que Guy Martin, mais il n’y a plus de marchand emblématique. L’explication est simple : le changement de contexte économique ne permet plus d’exercer avec un stock de chevaux très important.  Ce n’est pas rentable.

 

Le métier de marchand en France tend donc à disparaître ?…

Il s’est en tout cas considérablement réduit. La moyenne d’âge est assez élevée, et un jeune, seul, ne peut pas s’installer. Or un métier qui ne se renouvelle pas est un métier qui disparaît. Depuis la dérèglementation totale de l’activité, les marchands n’ont cessé d’être handicapés par des textes de loi visant à protéger de façon inappropriée le consommateur. On a fait croire que le cheval était un produit comme un autre, avec toutes les lois de garantie s’appliquant aux biens de consommation. Mais c’est un animal vivant pouvant évoluer dans le bon ou le mauvais sens. C’est pour cela que la notion de filière est très importante. Quel est le secret de la réussite ? L’environnement avec un bon coach. Un cheval vendu qui évolue bien vaut plus que quatre pages de pub dans un magazine.

 

La France peut-elle encore rivaliser face à la concurrence étrangère ?

J’en suis persuadé. Mais elle doit passer réellement dans le XXIe siècle en développant de vraies forces de vente, de vraies structures. Nous ne sommes pas en avance.

 

Comment envisagez-vous l’avenir ? Comment la France peut-elle tirer son épingle du jeu ?

Nous disposons d’outils qui commencent à bien fonctionner, à travers les différentes structures dont j’ai parlé. L’avenir à l’international laisse entrevoir des horizons plus qu’intéressants. À nous de nous donner les moyens de travailler ces pistes. Sur le plan national, soit il y a une prise en compte des autorités sanitaires, fiscales et autres, avec une vraie remise en ordre de la filière, ce qui sera bénéfique pour tous les professionnels. Soit les services publics concernés ne remplissent pas leur rôle – ce qui est le cas aujourd’hui ! De nombreux problèmes restent à gérer, comme les chevaux d’âge dont personne ne veut assumer la charge et pour lesquels la législation actuelle est inadaptée. C’est dramatique car le renouvellement de la population existe, et plein de chevaux sont en déshérence. Il y a aussi tout le marché parallèle où la victime finale est le consommateur. Il faudrait que les marchands disposent d’un statut de professionnel. Quand vous allez voir un agent immobilier, il est inscrit et répond à un certain nombre de critères. Or aujourd’hui, n’importe qui peut se dire marchand de chevaux. Cela pénalise tous ceux qui essaient de faire correctement leur travail.  

 

À quels marchés internationaux pensez-vous ?

La Chine, l’Asie, le continent américain, nord et sud. Mais la planète entière est intéressée par les chevaux français. Il faut donc établir des liens grâce à des valeurs françaises, comme à travers la formation, l’accueil de stagiaires, le tourisme équestre, etc. Tout cela n’est pas assez mis en valeur. On pourrait également créer des partenariats avec des entreprises françaises majeures implantées à l’étranger… Il y a tellement de  pistes à travailler ! Mais c’est une question de moyens économiques, et la Chambre dispose de tous petits moyens et ne reçoit aucune subvention. Actuellement, des sommes considérables sont allouées à certaines structures assez éloignées de la réalité. L’idée assez simple d’un fond de développement à l’international permettrait de dynamiser notre commerce extérieur.

 

ENCADRÉ

Pour Éric Giraud, la bête noire du commerce reste la « visite d’achat ».

«Beaucoup de vétérinaires ont peur de passer à côté de quelque chose. Ils sortent souvent un parapluie même par beau temps. Rarement  un cheval est considéré comme totalement apte pour le sport. Le but de la visite d’achat est d’avoir un état des lieux objectif. On ne demande pas aux vétérinaires de prédire l’avenir. Lors de l’examen, il est important que les vétérinaires sachent l’historique du cheval, qui le vend et à quoi il est destiné.

Le premier garant de la qualité du cheval est le marchand et il est évident que notre préoccupation est de faire pendre un minimum de risque à nos clients.

Au niveau des marchands, nous disposons d’un conseil de vétérinaires experts, et lorsque nous avons besoin d’un arbitrage, nous les sollicitons. Bien entendu, ce conseil est à la disposition de notre clientèle quand elle le souhaite. »

 

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